Vers la fin de la classification AMF pour les fonds ?

Classification AMFL’AMF a lancé une consultation publique sur le sort à réserver à la classification des OPCVM et FIA selon la typologie AMF.

En effet, l’AMF fait le triple constat suivant :

  • Cette classification purement nationale (par exemple : actions françaises, actions internationales, obligations et autres titres de créances libellés en euros …) ne trouve pas de justification au regard des grands textes européens qui régissent maintenant la gestion des fonds d’investissement (les Directives OPCVM et AIFM) ou l’information à communiquer aux investisseurs (le DICI actuel ou le futur règlement PRIIPS),
  • Les distributeurs, plateformes, intermédiaires, comparateurs etc. de fonds d’investissement ont le plus souvent leurs propres catégorisations, valables à la fois pour les fonds français et les fonds étrangers,
  • Enfin, une majorité des fonds récemment agréés par l’AMF relève de la catégorie ‘‘Diversifiés’’, catégorie fourre-tout pour laquelle aucune information pertinente n’est apportée par la classification.

Bizarrement, la consultation est un peu biaisée, car les deux seules alternatives proposées sont :

1) la suppression totale de la classification AMF,

2) sa suppression optionnelle (au choix de la SGP) avec une option de suppression ‘‘temporaire’’ dont on comprend mal le sens. Pour cette dernière option, il est proposé la suppression de la catégorie ‘‘OPCVM (ou FIA) diversifié’’.

De ce fait, l’AMF semble prendre position pour la suppression de sa propre classification, et s’en remet aux classifications des acteurs de l’industrie (producteurs et distributeurs) pour l’édification de l’investisseur.

Or, de par notre expérience d’accompagnement tant des SGP que des distributeurs (réseaux et plateformes, structures et indépendants CIF, intermédiaires d’assurance, multi family offices, distributeurs tiers …), notre opinion sur le sujet est moins tranchée.

La classification AMF est simpliste, c’est vrai, et semble anachronique comparée aux classifications proposées par les autres acteurs, qui comptent parfois plusieurs centaines de dénominations différentes. Elle paraît d’autant plus désuète qu’elle ne prend pas en compte le style de gestion proposé, le secteur ou la zone géographique cible, la nature de l’allocation, le ou les indices de référence etc. et tant d’autres caractéristiques plus ou moins essentielles du fonds en question.

Mais ces classifications évoluent en permanence au gré des cycles de marché et de l’imagination des sociétés de gestion. Elles ne sont pas toujours beaucoup plus claires que la classification AMF. Sont-elles aussi plus fiables ?

C’est justement l’intérêt des classifications simples, des échelles de notation normées, ou des indicateurs chiffrés synthétiques d’être des outils d’identification et de comparaison robustes, (à peu près) fiables et stables dans le temps.

Et dans notre domaine, d’être les outils qui vont permettre de répondre aux questions essentielles que se pose l’investisseur, au moins au début de sa réflexion d’investissement : qu’y a-t-il dans ce fonds ? Quel niveau de risque comporte-t-il ? Comment puis-je comparer ce niveau de risque avec celui d’un autre fonds ? Au total, tout cela me convient-il ?

Et cela fait, de lui laisser le choix, s’il le souhaite, s’il en a le temps et les compétences, d’aller plus loin dans le maquis des catégorisations, dénominations et appellations plus ou moins contrôlées.

Alors, ‘‘OUI’’ à la suppression de la catégorie ‘‘Diversifié’’, mais ‘‘PAS SÛR’’ pour la suppression du reste, et ‘‘POURQUOI PAS’’ à une classification européenne normée, simple (ou pas trop compliquée), fiable (car contrôlable et contrôlée) et stable dans le temps.